Les chimpanzés vivent en communautés de plusieurs dizaines d'individus, dont la composition varie au fil de la journée : c'est un système dit de fission-fusion, rare chez les mammifères.
Les travaux de Jane Goodall à Gombe, au début des années 1960, ont montré que les chimpanzés fabriquent des outils : tiges effeuillées pour pêcher les termites, pierres pour casser des noix, feuilles mâchées en éponge. Ces techniques varient d'une population à l'autre et se transmettent socialement.
Les primatologues parlent de traditions culturelles : certains groupes cassent les noix, d'autres non, alors que les ressources et les capacités sont identiques. La transmission se fait par observation, surtout de la mère aux jeunes.
Une trentaine de vocalisations distinctes, des gestes nombreux et des expressions faciales. Les recherches sur l'apprentissage de langues signées par des individus élevés en captivité ont nourri un débat scientifique intense sur les limites de ces acquisitions.
Les communautés voisines s'affrontent, parfois mortellement, et des patrouilles de mâles surveillent les frontières du territoire. Ces observations ont durablement modifié la représentation de l'espèce.